Représentation de « Pas de Chips au Paradis »

 à la Structure d’Accompagnement vers la Sortie de Colmar le 11 juin 2025

L’association LatitudeS y était dans le cadre de sa mission principale : agir pour la promotion et la diffusion de la culture littéraire auprès d’un public éloigné des livres. Ce mercredi 11 juin 2025, l’association s’est rendue à la Structure d’Accompagnement vers la Sortie (SAS) pour assister à la représentation de Pas de Chips au Paradis. C’est une pièce de théâtre-documentaire écrite et jouée par Claire Audhuy, dramaturge et metteuse en scène, elle était accompagnée de Julien Grayer, musicien multi-instrumentiste. Ici il s’agit d’un nouveau type d’établissement pénitentiaire : une Structure d’Accompagnement vers la Sortie ou SAS, situé rue d’Agen, à Colmar, en service depuis 2024. Cet établissement est né à la suite de la mise en place du programme 15 000 places du ministère de la Justice.

Alain-Yves Reboul, bibliothécaire au Centre Pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach, présent lui aussi à cette journée, a permis de mener à bien ce projet jusqu’à l’intérieur de ce lieu de privation de liberté.

Les incarcérés de facto ont moins accès à la culture que dans la vie civile, mais le bibliothécaire nous rappelle que parmi ses détenus se trouvent des personnes : malvoyantes ou sans équipement pour lire, mais aussi des personnes non-francophones et/ou illettrées, qui, presque comme une « double peine » sont exclues plus que d’autres du monde des livres, essentiellement par le manque de ressources disponibles.

Pas de chips au paradis est un témoignage bouleversant, en 92 pages, de cette parole brute et poétique de détenus, de migrants et de jeunes en école de la deuxième chance, publié aux éditions Rodéo d’âme. Claire Audhuy qui a recueilli ces témoignages, prête sa voix, et parfois ses mots, pour faire parler ces gens qu’on n’entend jamais comme Meriem, Riyad, Julien et les autres. 

Cette après-midi-là, c’est une quinzaine de détenus du SAS, tous des hommes, qui sont venus voir le spectacle que proposaient Claire et Julien. 

La pièce a été bien reçue. Il y a eu des applaudissements, des rires, des larmes, mais aussi des interventions assez inhabituelles à certains passages du spectacle. Des situations cocasses, comme ce détenu pris de fatigue qui a terminé la tête posée sur la poitrine de son voisin de chaise, ce qui n’a pas manqué de faire rire leurs codétenus.  

Avant de se quitter Claire a proposé quelques minutes d’échanges.  La plupart remercièrent les performeurs, Julien pour ses talents à la guitare et au banjo, Claire pour faire entendre ces mots, ici, des mots qui étaient parfois : drôles, étonnants de vérités, et touchants. Elle a apporté là-bas, comme si le SAS était un pays lointain, cette culture universelle et a permis aux détenus de pouvoir en recevoir leur part.

Pour finir voici les mots d’un des leurs : Il est arrivé avec un livre sous le bras, s’est assis, échange quelques mots et nous dit qu’il revient de la bibliothèque. Et là-bas, M. Reboul, avait apporté « de bonnes nouvelles ». Interrogé de la teneur de ses nouvelles, je cherche à en savoir davantage. Voici sa réponse : « Des livres vont arriver, moi je serais peut-être plus là mais plus de livres c’est toujours une bonne nouvelle ».  

Ainsi, nous remercions chaleureusement le SAS de nous avoir ouvert ses portes, le personnel pénitencier qui nous a accueilli, les détenus qui sont venus voir le spectacle, Alain-Yves Reboul de nous avoir sollicité et de partager cette volonté que nous avons d’ouvrir la culture littéraire là où elle semble forcée à l’exil et enfin Claire et Julien pour ce spectacle vivant, qui était ici à sa juste place.

LatitudeS a cofinancé cette présentation à hauteur de 500€. 

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